|
|||||||
| Actualités L' Association Catalogue Le Monde de la Cithare Aide | |||||||
|
|
Historique
3000 ans d'histoire !
1. Avant 1885 : une longue généalogieLes deux octaves chromatiques de la cithare à accords, ainsi que sa forme trapézoïdale, pourraient laisser supposer de lointaines origines du côté d'autres cithares mélodiques - et en particulier: - Le psaltérion médiéval, de forme carrée, trapézoïdale ou " en tête de porc ", tenu devant soi ou contre soi, et pouvant compter jusqu'à 16 cordes diatoniques (souvent doublées ou triplées). Très souvent représenté dans l'art religieux médiéval, quoique non utilisé pour le culte. - Plus loin, les cithares de l'Antiquité, grecque ou hébraïque: La cithare grecque (" citharis ") aurait été une forme plus développée de la lyre... un instrument d'élite, qui demandait davantage de technicité. La cithare hébraïque (kinnor) ne peut être décrite, faute de conservation des objets dans les tombeaux; on peut s'en donner une idée à partir des instruments à cordes utilisés et conservés par les peuples voisins. Pourtant, son existence est attestée à maintes reprises dans la Bible, depuis près de 3000 ans. Mais les cithares mélodiques à cordes pincées présentent toujours les mêmes écueils: difficulté de vélocité, et faible puissance sonore... C'est pourquoi le psaltérion ne provoqua jamais un réel engouement; et il finit par être équipé d'une mécanique (comme pratiquement toutes les cithares mélodiques)... ce qui conduisit à l'épinette, au clavecin, au piano. La cithare à accords est en fait issue d'une autre lignée de cordophones, ayant pour caractéristique permanente la quête d'accompagnement (puis de polyphonie). L'ancêtre le plus lointain en est sans doute le monocorde, instrument à corde unique inventé par Pythagore (6è s. av. J.C.) dans une optique plus physique que musicale - puisqu'il servait de référence pour l'accordage. ...Mais plus précisément encore, monocorde à archet, dont la corde graduée permettait de réaliser les mélodies, tandis qu'une seconde corde ajoutée, résonant à vide en continuo, assurait l'accompagnement. L'utilisation d'un archet offrait une puissance sonore suffisante pour que le monocorde devienne au Moyen Age l'instrument des foires, puis plus tard des cirques! A une époque indéterminée - au plus tard 1609, mais sans doute plus tôt dans la période de la Renaissance -, apparurent dans le prolongement du monocorde et d'autres instruments tels que vièle à roue et cornemuse, les cithares "à bourdon" : instruments étroits que l'on dispose devant soi, dont les cordes (un peu plus nombreuses) sont à nouveau pincées, souvent avec un plectre. " La corde mélodique du monocorde est remplacée par quelques chanterelles tendues sur une touche, et la corde d'accompagnement par des cordes bourdons (accordés comme tonique et dominante par rapport à la chanterelle). De par leur structure et leur consonance, ces cithares s'adaptent sans peine à tout type de folklore (morceaux ou accompagnement), et furent présentes dans toute l'Europe du Nord, sous diverses appellations, la simplicité de construction participant à leur expansion - Voir Cithares prestigieuses. Les cithares à bourdon étant limitées à un seul accord ne manquèrent pas de susciter divers perfectionnements, et connurent plusieurs instruments dérivés... le plus célèbre: la cithare de concert (konzertzither), conçue en Allemagne aux environs de 1830. Cet instrument, de forme plus large et élégante, comporte quatre chanterelles et jusqu'à trente-deux cordes d'accompagnement, qui cette fois sont disposées de quinte en quinte et doivent donc être judicieusement choisies pour réaliser les accords. Sonorité et répertoire très attachants... depuis les légendes de la forêt viennoise de Richard Strauss, jusqu'à la musique du Troisième Homme... Et cette cithare, qui a précédé de peu la cithare à accords, résonne elle aussi dans le monde entier. 2. 1885-1960 : les premiers pas d'un instrument folklorique C'est vraisemblablement autour de 1885 que la cithare à accords a vu le jour, à Markneukirchen, ville du sud de l'Allemagne qui demeure aujourd'hui encore un centre de lutherie. Nous devons cette belle invention à un groupe de luthiers soucieux de démocratiser la pratique musicale, dans un contexte général de scolarisation... La cithare de concert qui florissait depuis une cinquantaine d'années était fort appréciée dans le monde germanique, mais particulièrement difficile à jouer, puisqu'elle exige de fabriquer tout à la fois les sons mélodiques et ceux de l'accompagnement. Le principe de la nouvelle cithare serait simple : cordes mélodiques prêtes à jouer (à raison d'une corde par note) ; et par ailleurs, cordes d'accompagnement groupées par séries, pour constituer quelques accords parfaits. Comme aucune cithare n'avait jusqu'alors disposé ainsi d'accords "prêts à l'emploi" le nouvel instrument s'appellerait Akkordzither - "Cithare à accords"... (la traduction française est malheureusement moins élégante que l'appellation d'origine.) Mais pour qu'un instrument devienne effectivement populaire, ne faut-il pas éviter aux mélomanes potentiels le désagrément des études musicales ? C'était là un point essentiel aux yeux de nos luthiers. Avec des cordes surplombant la caisse de résonance, il serait facile de remplacer les traditionnelles partitions par des schémas "guide-doigts". Pour jouer la mélodie, il suffirait alors de suivre un trait reliant les notes dessinées sous les cordes ; quant aux accords, ils seraient chiffrés de 1 à 6, selon leur emplacement... Le système prit le nom de diagrammes, et fit effectivement la fortune du nouvel instrument. Le succès de l'innovation fut immédiat, d'autant plus que les accords se prêtaient merveilleusement au rythme ternaire et au mode majeur du folklore austro-bavarois... De 3 accords majeurs, on passa rapidement à 5 et surtout à 6 ; et des chansons traditionnelles aux plus célèbres valses viennoises, la cithare à accords résonna bientôt dans toute l'Allemagne, (Alsace-Lorraine comprises), en Suisse, Franche-Conté, dans les Ardennes et jusqu'en Belgique. En témoignent les nombreux instruments que l'on retrouve aujourd'hui dans les greniers de ces contrées, reconnaissables à leur belle décoration, souvent florale, autour de la rosace et/ou dans l'angle supérieur gauche. [Malheureusement, ces cithares anciennes ont mal résisté à l'épreuve du temps : pratiquement toutes se sont décollées ou fendues au centre de la table inférieure, les luthiers ayant privilégié la résonance du sapin mais sous-estimé la formidable tension des cordes. Et la moindre tentative d'accordage ne fera qu'aggraver la détérioration (Confier d'abord la remise en état à un spécialiste..)] Dans certains cantons, même les marchands ambulants en vinrent à vendre des cithares... Et l'on dit qu'à Berne en 1929, les jours du Marché aux Oignons, le soleil ne se couchait pas que le marchand n'ait vendu ses 50 cithares... C'est dire l'engouement de la clientèle ! En Suisse, la concurrence et l'ingéniosité des fabricants donnèrent bientôt à la cithare à accords plusieurs dérivés : cithare mandoline, cithare à archet, pianochordia, etc... (Voir Principaux modèles et Cithares prestigieuses). Jusqu'à la seconde guerre mondiale, tous ces instruments assuraient la chaleur des veillées familiales ou villageoises tantôt en soliste, tantôt en petites formations. Puis les profondes mutations firent bientôt délaisser la pratique musicale et l'animation locale, au profit des musiques enregistrées et des distractions consommées, surtout à travers l'écran du téléviseur... Et la cithare, presque partout, se tut, se réveillant seulement par effet de mode, tous les 15-20 ans. 3. Depuis 1960 : grand essor - la cithare " classique " On raconte que, peu avant 1960, une moniale française se vit offrir par des proches résidant à l'étranger, une cithare 6 accords. Or ce modeste cadeau allait déclencher toute une aventure, véritable renouveau pour un petit instrument folklorique réputé sans avenir... Dans l'espoir de recevoir quelque initiation, notre moniale emporta son instrument à une session inter-monastique de chant grégorien. L'on ne sait si elle obtint effectivement des conseils... La cithare quant à elle suscita tantôt de l'intérêt, tantôt du mépris. En tous cas, il est certain que ces religieux n'avaient aucune idée du folklore austro-bavarois ; ils cherchèrent plutôt à retrouver l'usage antique et hautement spirituel de la cithare, tel que mentionné dans la Bible, et développèrent une musique au service de l'intériorité : la cithare classique était née (...bien longtemps après la cithare folklorique !). Plusieurs moines ou moniales s'en retournèrent donc chez eux avec l'idée-trésor de se procurer une cithare ; c'est donc dans les monastères que la cithare "classique" a commencé à se faire entendre - de façon clairsemée d'abord, puis le mouvement prit de l'ampleur ; sans compter que nombre de visiteurs devenaient eux aussi citharistes. Ainsi la cithare gagna les communautés religieuses, et enfin toute la société civile. Certains des moines et moniales commencèrent alors à s'occuper d'enseignement, tandis que d'autres réfléchissaient aux possibles perfectionnements que l'on pourrait apporter à l'instrument lui-même... le tout dans une étroite collaboration, qui joua un rôle fondamental dans le développement de la cithare à accords. L'innovation la plus déterminante fut sans nul doute la mise au point, en 1979, des premiers leviers modulateurs (qui permettent de passer les accords en mineur sans ré-accordage) : innovation motivée par le constat des insuffisances harmoniques des cithares allemandes pour accompagner les offices religieux, et réalisée par fr. Patrice, moine de l'Abbaye d'En Calcat (Tarn). L'on passait ainsi de 6 à 12 accords parfaits. Mais l'harmonie classique en réclame 24... Après quelques essais de superposition puis de collage de deux cithares équipées de modulateurs, l'Abbaye d'En Calcat risqua la construction des premières cithares 12 accords... bientôt encouragées et valorisées par les avancées dans la technique de jeu que réalisait Maguy Gérentet. Dans la même période, l'arrivée sur le marché des accordeurs électroniques (autour de 1983) tombait à point nommé pour résoudre la délicate question de l'accordage, et permettre enfin à l'instrument de prendre son envol... Quelques dates pour rendre compte des progrès de l'instrument : - 1970 : première session de formation à Sainte Croix de Poitiers (fr. Maurice Denoué et Martial Muray) - 1977 : mise au point de la kinnor (cithare 19 ou 20 accords sans modulateurs), par fr. Michel (Abbaye du Mont-des-Cats) et le luthier Deswaerte (Lille) publication de la première méthode de cithare classique (Sr Paschale - osb Jouarre) - 1979 : invention des leviers modulateurs par fr. Patrice (Abbaye d'En Calcat - Tarn) - 1982 : premières session de formation en Suisse - 1983 : mise au point des premiers psaltérions 12 accords (12x4), à En Calcat - 1985 : première session de formation en Belgique - 1987 : lancement de la revue Cithare & Harmonie - 1988 : mise au point des psaltérions 12x7 (En Calcat) fondation de l'Association des Amis de la Cithare - 1991 : première session de formation en Italie enregistrement du premier album de cithare à accords par Maguy Gérentet - 1995 : premier congrès des luthiers, compositeurs et professeurs (Paris) - 1999 : premier concours d'improvisation - 2000 : première session de formation en Espagne - 2001 : colloque de définition des normes d'édition pour cithare - 2002 : ouverture d'une classe de cithare au Conservatoire de Paris 16ème ouverture du site www.cithare.net |
|
|||||