Vie de l'Association
Lettre-poème
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Je suis votre amie la cithare...
Née en Bavière un beau jour de 1885 !...Dans ma jeunesse
- lorsque j'étais de couleur noire et souvent magnifiquement décorée - ,
je m'adonnais surtout au folklore...
Longtemps après, je suis venue dans votre pays, et devenue instrument d'intériorité :
des luthiers ingénieux m'ont fait passer de 6 à 24 accords,
des mains agiles m'ont fait chanter les plus belles musiques...
Me voilà devenue une grande dame, enchanteuse,
présente sur les cinq continents, capable de rivaliser
avec les plus beaux instruments de l'orchestre !
Dans mon coeur, la date de 1988 compte beaucoup :
cette année-là - mon cent troisième anniversaire -
mes amis jusqu'alors éparpillés se sont unis en association
pour que je sois mieux connue encore,
et qu'aucun cithariste ne se sente isolé ou privé d'information...
Ma mémoire déborde de reconnaissance pour ce beau projet
initié par quelques uns mais confirmé par le soutien d'un grand nombre...
De fait, avec la publication trimestrielle de « Cithare & Harmonie »,
les éditions et congrès financés par l'association,
j'ai pu me rendre proche de chacun;
tout en progressant à pas de géant dans le monde musical...
et grâce aux amis qui cotisent fidèlement,
depuis 2002 j'ai même mon espace sur Internet !
C'est ma plus grande joie d'être visible et accessible à tous, gratuitement...
Mais... les amis adhérents me disent que cette place se paie fort cher,
et qu'ils ne sont pas sûrs de pouvoir me la maintenir...
Et même, j'apprends que toute la structure associative
est aujourd'hui menacée :
Annonce des stages et nouveautés par la revue et le site,
diffusion des partitions et enregistrements,
contact entre luthiers, compositeurs, professeurs,
représentativité auprès des organismes musicaux et culturels...
Secrétariat qui centralise les activités et répond aux demandes de toutes sortes...
À l'idée que tout cela puisse disparaître, je frémis de toutes mes cordes !
Que se passe-t-il donc ? Je le comprends bien :
la première génération d'associés s'essouffle (moins deux cents en cinq ans),
et les nouveaux venus à la cithare ne mesurent pas forcément
que pour faire tenir pareil édifice
il faut « la petite note » d'un très grand nombre !
Si chacun se contente
de consulter le site Internet ou de lire la revue de son voisin,
à court terme il n'y aura plus ni site ni revue,
et tout le monde sera pénalisé !
Vous l'aurez compris : j'ai un besoin urgent
de votre amitié et de votre soutien concret
pour ne pas piquer du nez,
et continuer à faire résonner partout
la voix de mes mélodies et de mes harmonies !
Je compte sur vous !
Votre amie,
la cithare
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